Compte-rendu CGT et Ugict-CGT – Plénière CSE du 12 Mai 2026

Les CRU mécontents d’être inclus dans le planning des renforts téléphoniques et après avoir fait grève massivement le 5 mai, 55 minutes ont été reçus par le Directeur général le 11 mai. Il a entendu que ce n’était pas le seul sujet de mécontentement de nos collègues, cependant la question salariale a été évacuée trop rapidement. Le fait que le directeur ait écouté nos collègues suffira-t-il à calmer la colère des CRU.

Informations Direction

Evolution des organigrammes des Directions du recouvrement de Paris TI et de Cergy

Les organigrammes des Directions du recouvrement de Paris TI et de Cergy évoluent dans le cadre de la fermeture annoncée du site de Saint-Ouen en 2026. Les collègues actuellement affectés sur ce site seront principalement redéployés vers les sites de Paris et de Cergy.

Site de Paris TI

Les ajustements organisationnels sont conséquents, avec notamment l’arrivée de 63 gestionnaires TI sur le site de Paris. Cette réorganisation conduit à la mise en place de 11 unités de gestion (8 unités au Middle Office, 3 unités au Back Office) auxquelles s’ajoute le centre d’accueil.

La direction met en avant un dispositif d’accompagnement dédié, dont les modalités concrètes restent toutefois à préciser dans leur mise en œuvre effective.

L’organisation retenue s’appuie sur des modèles déjà existants sur d’autres sites, notamment Montigny, Cergy ou encore la RH. Si l’encadrement semble avoir été associé à cette réorganisation, cela apparaît moins évident pour les collègues directement concernés.

Le nouvel organigramme a été présenté aux agents le jour même de sa présentation en instance.

Concernant les journées sanctuarisées, un questionnaire préalable a été transmis aux collègues afin de recueillir leurs souhaits, dans un contexte toutefois fortement contraint par les impératifs organisationnels.

À Paris TI, le jour sanctuarisé du pilotage est modifié et fixé désormais au jeudi.

La question des espaces de travail demeure cependant problématique. Le manque de place sur certains étages entraînera l’installation, le mardi, de collègues du Back Office au 4e étage. La ligne managériale suivra cette organisation. La direction justifie ces choix par une volonté de maintenir une logique de travail collectif, notamment avec la tenue des réunions managers le lundi après-midi.

Une dizaine de collègues ne pratiquant pas de TAD disposent d’un poste fixe, mais il y aurait un souci pour au moins une collègue qui ferait trop de Tado. Ces collègues seront au final installés au 4è étage.

Concernant les congés, l’organisation managériale par unité primera dans la détermination des taux de présentéisme attendus. La direction indique néanmoins être prête à appliquer des taux moins restrictifs dès lors que le taux global de présence sur le département estrespecté.

Enfin, les jours sanctuarisés sont fixés au lundi pour le contrôle CCA et au jeudi pour le contrôle sur pièces.

Site de Cergy

Le site de Cergy accueillera 30 collègues dont 11 gestionnaires en provenance de Saint-Ouen.

Ce site gère à la fois des activités TI ainsi que les contributions pharmaceutiques, représentant un enjeu financier majeur avec près de 11 milliards d’euros de cotisations encaissées en 2025.

Dans le cadre de cette réorganisation, un nouveau département est créé afin de reprendre les activités transverses du site. Le directeur met en avant l’importance des relations partenariales associées à ces missions.

Nous relayons la forte inquiétude exprimée par les salariés de Saint-Ouen, qui subissent une fermeture de site imposée et un bouleversement majeur de leurs conditions de travail, de leur organisation personnelle et leurs repères professionnels. Car derrière les PowerPoint colorés et les organigrammes “modernisés”, la réalité reste la même : les restructurations déplacent les problèmes sans jamais les résoudre. On densifie, on regroupe, on “optimise”… mais au final ce sont toujours les collègues qui absorbent les conséquences concrètes des choix budgétaires et immobiliers de la direction.

Les salariés ne sont ni des pions ni des variables d’ajustement. Les collègues de Saint-Ouen méritent un véritable accompagnement, des garanties claires sur leurs conditions de travail, des espaces adaptés, des effectifs suffisants et surtout le respect de leur parole. Parce qu’au bout du compte, ce ne sont pas les organigrammes qui font tourner l’URSSAF… ce sont les salariés.

Expérimentation d’un dispositif de conversation continue sur certains départements de la D4 et de la DRH

Le dispositif est proposé par la caisse nationale. L’Urssaf IDF s’est portée volontaire pour cette expérimentation. La Direction indique que c’est un outil censé faciliter les échanges et favoriser les liens entre les objectifs fixés dans les EAEA.

Au regard de la charge de travail actuelle dans les services concernés, nous dénonçons cette expérimentation qui déshumanise les échanges et crée une charge de travail supplémentaire, autant au niveau des collègues que de l’encadrement.

Par ailleurs, le document reprend un verbiage assez insupportable, reprenant des termes pseudo-modernes (mood, feedback…), qui cachent au mieux un grand vide dans le document présenté.

Nous voyons surtout un nouvel outil de pression. Expérimenté jusqu’en mars 2027 dans plusieurs services choisis par la direction, le dispositif permet un suivi continu des objectifs, des échanges managers/agents et même de “l’humeur” des salariés via une météo des équipes totalement inacceptable.

Le “Mood” est une donnée psychologique de l’état émotionnel, qui cache une obligation implicite d’être “positif” et un risque de stigmatisation des mauvais “Moods”

.Une pseudo modernisation qui risque davantage d’accroître la pression managériale et l’individualisation des relations de travail plutôt que d’améliorer le quotidien des équipes.

Nous alertons également sur les risques psychosociaux : multiplication des évaluations, incitations à rester “positif” et inquiétudes sur l’utilisation future des données collectées.

L’amélioration des conditions de travail ne passera jamais par des tableaux de bord émotionnels ou du management algorithmique, mais par des effectifs suffisants, une baisse de la charge de travail et de véritables moyens pour les collectifs de travail. Nous resterons vigilants durant toute l’expérimentation afin d’exiger des garanties concrètes pour la protection des salariés.

Informations diverses 

Trois collègues en formation TI ont vu leur certification repoussée sans en avoir été informés au préalable. Ils passeront finalement leur examen le 28 mai, comme évoqué lors d’une question diverse posée au CSE d’avril. Nous nous interrogeons sur ces modalités d’organisation et sur le manque d’anticipation et d’information des agents concernés.

Par ailleurs, un appui est mis en place sur le service TESE, en raison d’une hausse des stocks.

Cette situation trouve notamment son origine dans la mobilisation de collègues du service sur le projet “Renov IA”, à hauteur de 3 ETP, ce qui a mécaniquement réduit les capacités de traitement.

Face à cette situation, la direction met en place un renfort composé de 3 recrutements en CDD ainsi que de renforts ponctuels provenant d’autres directions régionales, afin de traiter environ 1 700 dossiers en attente.

Pour la CGT, ces mesures relèvent davantage d’un “replâtrage” à court terme que d’une réponse structurelle. Elles ne permettent pas de traiter durablement la question des effectifs et de la charge de travail, qui continue de peser fortement sur les équipes concernées.

Point sur les effectifs au 30/04/2026

Les chiffres présentés au 30 avril traduisent une nouvelle fois une dynamique préoccupante pour les effectifs de l’organisme. Avec 2 832 CDI/pro-CDI, auxquels s’ajoutent seulement 46 apprentis et 7 CDD, la situation confirme une fragilisation continue des équipes et des conditions de travail.

En parallèle, les recrutements restent extrêmement limités : seulement 3 embauches en CDI sur le mois d’avril (un directeur, un responsable de service et un chargé d’études). Aucun recrutement opérationnel n’est venu compenser les départs des salariés en contact direct avec la charge de travail quotidienne. Cela démontre que la priorité de l’employeur privilégie le pilotage et l’encadrement plutôt que le renforcement concret des équipes de production.

À l’inverse, les départs restent élevés avec 14 sorties CDI sur le seul mois d’avril : 8 départs à la retraite, 3 démissions, 1 licenciement, 1 rupture conventionnelle, 1 rupture de période d’essai à l’initiative du salarié. Le déséquilibre entre départs et recrutements accentue la surcharge de travail pour les collègues restants.

Enfin, lorsque l’on compare avec l’effectif au 31 décembre 2025 (2 874 CDI/pro-CDI), le déficit d’emploi est de 42, ce qui interroge sur la trajectoire des effectifs et les choix budgétaires opérés. Derrière les chiffres, ce sont des missions qui se complexifient, des collectifs qui s’épuisent et un service public qui se dégrade progressivement.

Nous rappelons que les salariés ne peuvent pas continuer à absorber indéfiniment les suppressions de postes, les restructurations et l’intensification du travail. Il devient urgent d’ouvrir de véritables recrutements pérennes et d’anticiper les départs à la retraite, de renforcer les équipes de production et d’améliorer les conditions de travail et les parcours professionnels.

Nous refusons cette logique du “faire toujours plus avec toujours moins”.

Par ailleurs, nous demandons des prévisions d’embauche pour les mois à venir. Une présentation de ces prévisions sur le restant de l’année 2026 sera effectuée au CSE de juin.

A noter déjà le recrutement de 12 téléopérateurs en juin 2026.

Avis sur le reclassement professionnel d’une salariée

La direction propose un poste de rédacteur juridique sur le site de Champs. La collègue a accepté cette proposition.

Nous rappelons notre position de lui proposer un autre poste si jamais cela ne lui convenait pas. Refus de la direction. Pas d’immersion préalable possible également. En clair, c’est à prendre ou à laisser pour la collègue concernée.

Avis sur le projet de rattachement de la Direction du suivi de la performance à la Direction Comptable et Financière

Ce rattachement semble surtout obéir à une volonté de la direction de limiter le nombre de directions rattachées au directeur général, en créant des directions adjointes à peu près équilibrées.

Le rattachement du département des statistiques à la direction comptable semble neutre de premier abord et ne devrait pas modifier la teneur des travaux menés dans ce service.

En revanche, le rattachement du contrôle de gestion et le budget (DCGB) n’apparait pas logique pour plusieurs collègues, ce secteur travaillant étroitement avec les services achats/marchés qui restent rattachés à la D7. Aucun déménagement n’est prévu, ce qui correspond au souhait des collègues.

Par ailleurs, nous dénonçons la suppression du poste d’assistante de direction de la DSP.

Nous serons vigilants sur le respect des engagements pris lors du CSE précédent quant à la prise de congés et le management.

Au regard de ces éléments, nous prenons acte de ce projet de rattachement.

Avis sur le projet de rattachement de la Direction de la Communication et des partenariats à la Direction adjointe chargée de la gestion interne

Nous prenons acte également sur ce rattachement. Nous remarquons juste que la synergie évoquée entre communication interne et ressources humaines apparait un peu vexatoire pour les collègues, comme si ces services ne travaillaient pas ensemble auparavant.

Avis sur le projet d’aménagement de locaux dans le cadre de l’installation d’un service de l’Urssaf du Limousin et du Conseil de la protection sociale des Artistes Auteurs

Pour la CGT, nous prenons acte du projet. Celui-ci ne concerne pas les salariés de l’Urssaf IDF. Les locaux avaient déjà été libérés à la suite du déménagement de la DCF et, dans la poursuite logique de la densification des espaces, ils n’impliquent donc aucun déplacement supplémentaire de personnel. Cependant, nous regrettons que cet espace ne soit pas mis à disposition des salariés qui subissent le flex-office sur le campus.

Information sur l’évolution de l’emploi de Gestionnaire du Recouvrement Spécialisé

La Direction a présenté une “évolution” des emplois de Gestionnaire du Recouvrement Spécialisé (GRS). Il s’agit surtout d’un repositionnement pour faire entrer les métiers locaux dans les cases nationales. Les GRS N4A seront désormais rattachés au métier national de “Gestionnaire du recouvrement”, avec un nouveau code emploi, tandis qu’un emploi local de “Référent du recouvrement spécialisé” est créé pour les N5A.

Mais nous rappelons qu’un changement de titre ne suffit pas à remplir le frigo ! Car derrière les nouveaux codes emplois, les problèmes restent les mêmes : charges de travail élevées, effectifs insuffisants et reconnaissance salariale toujours limitée.

Cerise sur le gâteau : même lorsque certaines activités du référentiel ne sont pas réalisées dans les services, elles restent inscrites dans les fiches emplois. Charge à chacun pendant les EAEA d’indiquer les tâches non effectuées. En résumé : l’organisation ne correspond pas aux fiches de poste… mais c’est encore aux agents de gérer les incohérences.

Bilan du recours au forfait en 2025

La direction a présenté le bilan 2025 du forfait jours à l’Urssaf IDF, concernant 398 salariés, principalement cadres, inspecteurs et responsables. Sur le papier, le dispositif est encadré : entretiens SESAF, droit à la déconnexion, suivi de la charge de travail et recherche d’un équilibre vie professionnelle / vie personnelle.

Dans les faits, le constat est beaucoup plus préoccupant. Nous dénonçons une charge de travail jugée majoritairement importante par les collègues, voire excessive, lors des différentes phases d’entretien. Cette tendance confirme un déséquilibre persistant entre objectifs assignés et moyens réellement disponibles.

Autre élément significatif : 123 salariés ont renoncé à leurs jours de repos, ce qui traduit ou clairement une surcharge de travail ou bien une monétisation de ces jours découlant d’un salaire insuffisant donc une impossibilité de bénéficier effectivement de leurs droits au repos.

Par ailleurs, de nombreux retours font état de difficultés à exercer le droit à la déconnexion, ainsi que d’un suivi des entretiens SESAF encore insuffisant. Dans ces conditions, il reste difficile d’avoir une visibilité réelle sur les amplitudes de travail, notamment le travail en soirée, le week-end ou les dépassements réguliers des 10 heures quotidiennes.

Ce bilan met également en lumière des tensions sur la reconnaissance salariale, avec un sentiment partagé d’un niveau de rémunération insuffisant au regard des responsabilités et de l’investissement demandés.

Ce bilan confirme une réalité déjà connue : sous couvert d’autonomie, le forfait jours conduit trop souvent à une extension du temps de travail, une intensification de la charge et une pression permanente. L’absence de pointage horaire ne peut en aucun cas signifier l’absence de limites.

Nous réaffirmons notre opposition à la généralisation du forfait jours comme passage obligé pour les niveaux 8 et 9, ainsi qu’au refus de retour au badgeage pour les collègues qui le souhaitent. Nous demandons également un véritable suivi des charges, des recrutements à la hauteur des besoins et le respect effectif du droit au repos et à la déconnexion.

La direction enregistre notre demande d’une réunion spécifique pour faire le point sur lacharge de travail des collègues.

Information sur l’évolution du Service Régional de Fiabilisation Administrative (ex CFE)

Alors que les activités historiques du SRFA chutent fortement (- 37 % de WATT, – 58 % de NAIA), certains pouvaient espérer une stabilisation des organisations et une amélioration des conditions de travail. Mais, à l’URSSAF, une baisse d’activité signifie surtout l’ajout de nouvelles missions. Le SRFA devient ainsi un véritable “couteau suisse” administratif : ACRE, TESE, lutte contre la fraude, fiabilisation des adresses, PND, rejets divers… toujours avec les mêmes effectifs.

La Direction parle “d’élargissement progressif des compétences”. Sur le terrain, les agents constatent surtout une accumulation continue de missions techniques et sensibles, absorbées au nom de “l’agilité”. Comme souvent, la réponse repose sur quelques formations, du monitorat et beaucoup d’apprentissage “en production”.

Derrière les notions de “souplesse” et de “mutualisation”, nous voyons surtout une logique permanente de transfert de charge. Or traiter la fraude, gérer l’ACRE ou absorber des activités TESE exigent du temps, de l’expertise et de la stabilité. Pourtant, la Direction semble considérer qu’un agent disponible peut immédiatement devenir compétent sur n’importe tous les métiers.

Pendant ce temps, les repères professionnels se diluent, les tâches s’accumulent et la fatigue s’installe durablement. Nous rappelons que les salariés ne sont pas des variables d’ajustement destinées à absorber indéfiniment toutes les réorganisations. À vouloir tout faire avec toujours moins, la Direction risque surtout d’épuiser les collectifs de travail et de fragiliser durablement le service.

Questions diverses

Report de congés pour nos collègues originaires des Drom-Com : la DRH a ainsi refusé des demandes de congés, se retranchant derrière les congés à solder pour le 30 juin au plus tard, règle qui devrait s’appliquer à tous les collègues. En refusant ainsi ces demandes de dérogation, la direction remet en cause un usage permettant le cumul de congés. Après échanges, la DRH semble prête à revoir ces situations. A suivre.

Rappel de notre demande de clarification sur les indemnités kilométriques et sur le remboursement des frais hors contrôle. La direction se laisse le mois de mai pour nous répondre. elle laisse encore un peu de souplesse pour le traitement des remboursements. Mais tout cela reste encore une sacrée usine à gaz.

 

Pour nous contacter : cgturssafidf@orange.fr

Lien Yammer CGT Urssaf IDF :

https://web.yammer.com/main/groups/eyJfdHlwZSI6Ikdyb3VwIiwiaWQiOiIxNjE3NTc2NTkxMzYifQ/all

Prochaines plénières : CSSCT le 4 juin, CSE le 9 juin, Cric le 23 juin 2026

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